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Iberodorcadion, Cerambycidae, Coleoptera

Ernst Jünger - Chasses subtiles

19 Février 2015, 09:30am

Publié par Iberodorcadion

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Ernst Jünger, Chasses subtiles, Ed° Bourgois, coll° Pluriel Poche, 1977

"Même pour n’embrasser qu’ [un genre], notre vie ne suffirait pas, dussions-nous devenir centenaires. L’aventure dans laquelle nous nous embarquions ressemble à la descente d’Aladin dans la caverne aux trésors."

Dans la bibliothèque plusieurs ouvrages, "./. plus un livre abondamment illustré : Fleischer, "L’Amateur de coléoptères".
Ce fut ainsi que, pour la première fois, je fus aiguillé sur cette voie. Les images en couleur servirent d’appât ; je fus bientôt pris à l’hameçon. Quant au temps ainsi perdu, il équivalait, ou peu s’en faut, à celui que prenaient les échecs ; mais la séduction était plus forte, car la partie ne s’épuisait pas en pures combinaisons : elle  couvrait, en même temps, un inépuisable champ de vision."   p. 56-57

Tandis qu’[Aladin] s’emplit les poches devant l’arbre aux émeraudes, il dévore déjà des yeux celui qui porte des opales, et il en voit toujours d’autres s’aligner à perte de vue. Mais ce ne sont là que jardins qui mènent à la salle d’apparat où pend la Lampe merveilleuse." p 63

"La description, elle aussi, fait partie de la chasse. Elle atteint son heure de gloire dans l’invention d’un nom, qui a valeur d’investiture. ./. Le triomphe est purement spirituel, récompense l’acuité du regard... et surpasse l’appropriation matérielle : car connaître la proie, c’est s’en assurer l’usufruit..." p. 67

"Foire joyeuse au pays de Gulliver"
"Il existe dans la nature des graphies diverses ; l’oeil exercé à discerner leurs traits les plus subtils reconnaît en elles le caractère d’un continent, d’une île, d’une chaîne alpine..."   , p.91

Source:  La très minuscule bibliothèque du chasseur subtil
http://frontignes.free.fr/spip.php?rubrique82

 

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Ernst Jünger, Les dossiers , L'Âge d'homme, Paris 2000, sous la direction de Philippe Barthelet

Palmier, J-M, Ernst Jünger. Rêveries sur un chasseur de cicindèles, Hachette, 1995, 236 p.
Palmier, J-M, Ernst Jünger : Le chasseur de cicindèles, Magazine Littéraire N° 326 de Novembre 1994

Francotte, A.  Ernst Jünger ou l’entomologiste écrivain, Lambillionea, n° spécial, 1998  in Barthelet ed. (2000)  p. 178-203

Ernst Jünger sous le charme des coléoptères, par Didier Sénécal (Lire, juillet 2000)

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cicen 07/12/2014 19:58





Cicindèle -  Chasses subtiles
http://agora.qc.ca/dossiers/Cicindele


Franck Courtès parle
de "Chasses subtiles"


Les cicindèles ont élu l'empire de l'air et de la lumière. Equipées de longues pattes minces, elles sont bien plus rapides que les carabes ; elles
sont par rapport à eux, comme le guépard en comparais des autres félins. En outre, dans leur vol, leur supériorité sur les carabes, même ailés, est aussi écrasante que celle des hirondelles sur
les moineaux. Ce qui exige un excellent appareillage optique ; leurs yeux occupent la moitié de leur tête. Devant eux, menaçantes, leurs redoutables mâchoires : tiger beetles, comme les appellent les Anglais. Tandis que les mandibules en pince ou, tout au
plus, en faucille des carabes leur suffisent à trancher dans la chair de leurs proies molles, celles des cicindèles sont dentelées comme des kriss malais : instruments à couper les cuirasses. Et,
pourtant, elles sont plus gracieuses. On peut, d'une manière générale, considérer la cicindèle champêtre comme le carabe en modèle de luxe - bien plus élégante, plus légère, plus alerte. Cela se
marque jusque dans les moindres détails de structure, jusque dans les cannelures soyeuses de la chitine. Le ventre chatoie d'un vif éclat métallique ; la matière ignée semble jaillir de
partout

des coutures, des articulations, des pores de cette créature, qui relève du type sanguin et solaire. Les élytres sont accordés à la nature propre de leurs terrains de
chasse, pourvus le plus souvent d'un camouflage bigarré. Ces taches, ces bandes, ces croissants clairs peuvent, particulièrement sur des sols salins, se rejoindre et s'étaler. Je possède des
exemplaires presque blancs, qui proviennent du désert de Gobi et des environs de Samarcande. Là encore, les originaux ne manquent point.. Pourquoi, en Egypte, pays du soleil, une espèce est-elle
revenue aux rapines nocturnes ? Elle peut, en récomense, se permettre le luxe d'une corpulence bien plus forte et d'une couleur entièrement métallique. Dans les dunes d'Afrique du Sud, on voit
chasser 1a mantichora herculéenne, qui ressemble à une araignée géante et noire. Dans les bois des montagnes, au-dessus de Rio,
j'ai été surpris par l'aspect d'une espèce svelte, aux longues pattes, une chasseresse leptosome, qui, pourtant, folâtrant dans les buissons, se laissait capturer sans peine. Le principe était-il
dans ce cas, poussé jusqu'à l'extravagance ? J'envoyai l'animal au docteur Horn, le disciple préféré du vieux Kraatz, qui s'était plongé, durant toute une vie, dans les ramifications de la
famille à travers toute la planète : il m'apprit que je l'avais prise sur le terrain caractéristique de cette espèce.

A Madagascar, île riche en créatures singulières, l'un des genres fait la chasse à des insectes rapides en tournant à une vitesse foudroyante autour de troncs d'arbre. La
Terre de Feu elle-même, où l’on ne s'attendrait jamais à rencontrer cette famille héberge l'un de ses membres, qui s'est aventuré jusque-là. Il est vrai que d'autres animaux solaires comme les
colibris, y ont délégué des pionniers. La cicindèle fuégienne ne se laisse pas au premier abord reconnaître comme telle ; elle diffère de toutes l' autres par ses élytres entaillés d'encoches.
Chevrolat, qui l'a décrite voici un siècle, l'a baptisée, pour cette raison, fallaciosa, la trompeuse. De tels animaux sont une
épreuve du regard ; ils enseignent à discerner l'être de l'apparence sous laquelle il se dissimule.

La fallaciosa est d'une grande rareté ; qui irait jusqu'au cap Horn pour l'amour d'un coléoptère ? Mais
malgré tout, en 1874, Carl August Dohrn considérait un crochet par Munich comme, écrit-il, « parfaitement justifié du point de vue de la stratégie et de l'entomologie », car il avait appris «
qu'un collectionneur y pouvait disposer de quelques exemplaires » .

Ernst Jünger, Chasses subtiles, Christian Bourgeois éditeur, Paris 1980, p 111

vidJunger 07/12/2014 19:05









1:27



ERNST JUNGER



deMYGALEFILMS

Hace 6 años

27.190 visualizaciones




Extracts from James L. Frachon's documentary on german writerErnst JUNGER.







 


E. Jünger Collection  -  J. L.Frachon documentary


https://www.youtube.com/watch?v=JaoD5aPronI


Chasse subtile  https://www.youtube.com/watch?v=_vw2Qtgl_2E


 


E. Jünger - "Ich widerspreche mir nicht..." (1977) - W.Rüdel 5/5  https://www.youtube.com/watch?v=j0jO4EKO4O8

ejun 13/09/2013 18:33


Wilflingen, 10 de marzo de 1971


«Querido príncipe Rúspoli: muchas gracias por dedicarme el Oxycarabus saphyrinus ssp. juengeri Rusp.


»Uno de los pocos honores que aún me impresionan en estos tiempos faltos de cultura. No sabía que también se dedicaba usted a la caza sutil.[1]


»Naturalmente me gustaría disponer de un ejemplar para mis colecciones, y asimismo de un dibujo a color, o por lo menos de una foto que pueda enriquecer la pared de mis trofeos.


»Hace dos semanas estuve en Ludwigsburg con los colegas Heinz y Blumenthal. Estuvimos hablando de los cotos de caza de Anatolia, que ya entusiasmaran a los Bodemeyer. El señor Korge también me ha
enviado algún ejemplar de las especies que él descubrió allí.»


E.Jünger Pasados los setenta II (Tiempo de Memoria)



Ernsradio 09/02/2013 19:29





EMISSIONS RADIO


Ernst Junger  - France Inter


http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-l-histoire-saison-2011-2012-ernst-juenger


Audio Libro: Tratado del rebelde. E. Jünger  -  Ivoox
http://www.ivoox.com/007-tratado-del-rebelde-e-junger-audios-mp3_rf_926580_1.html

Ernst Jünger: un espíritu libre en la era del nihilismo
http://www.ivoox.com/ernst-junger-espiritu-libre-era-audios-mp3_rf_7007_1.html

Ernst Junger,  La chasse au sanglier

Ernst Jünger  -  Etudes
http://vouloir.hautetfort.com/archive/2007/05/26/3dej.html

palmier1 31/07/2012 19:54


Palmier, J-M, Ernst Jünger : Le chasseur de cicindèles,


Magazine Littéraire N° 326


La passion de Jünger pour l’entomologie est une dimension essentielle de son oeuvre, un microcosme de tous son univers.


 


On connaît la légende de ce moine d’Heisterbach, attiré par le chant d’un oiseau en qui s’était incarnée l’éternité. Il le poursuivit
toute sa vie, d’arbre en arbre, de colline en colline. Quand il revint au monastère, il le trouva en ruines : un siècle s’était écoulé. L’auteur des Chasses subtiles (1) a collecté des
insectes sur près d’un siècle, car ils renfermaient une parcelle de la Beauté. La passion d’Ernst Jünger pour l’entomologie n’a rien d’une marotte. C’est une dimension essentielle de son oeuvre,
de sa sensibilité, un microcosme de tout son univers. A 90 ans, il confiait à Julien Hervier (2) que, loin d’aspirer à se détourner du monde, il lui serait très agréable de se consacrer à ses
coléoptères car, ajoutait-il, «   comme le dit Goethe, on se retire petit à petit du monde de l’apparence… » Qu’un écrivain s’intéresse aux insectes ne saurait surprendre.
Imagine-t-on l’implacable chasse à laquelle se livre Humbert Humbert, avec sa Lolita, sans la passion de Nabokov pour les papillons ? La magnifique scène de scorpions dans l’Age d’or de
Bunuel sans l’intérêt du cinéaste pour ces admirables arthropodes ? Que dire de Breton et de Caillois ? Quant au roman de l’écrivain japonais Abé Kobo, La Femme des sables, qui raconte
le destin d’un entomologiste prisonnier avec une femme, au fond d’un entonnoir de sable, comment en comprendre le sens sans avoir vu les redoutables mandibules de la larve du fourmilion, tapie au
fond d’un entonnoir semblable, qu’elle a creusé au bord d’un chemin ou sur la dune ?


Je n’ai jamais vu Jünger exhiber ses médailles ou ses décorations. Mais le sourire de l’homme qui montrait l’un de ses cartons vitrés où
étaient méthodiquement classées, impeccablement étalées, des séries de longicornes ou de carabes était bien celui d’un enfant qui dévoile ses trésors. Goethe, à la fin de sa vie, attachait plus
d’importance à ses travaux scientifiques, à ses études sur les plantes  qu’à son Faust. L’un des plus grands bonheurs de Jünger est d’offrir non pas sa photo dédicacée, mais une
carte postale qui représente un papillon de 12 millimètres, originaire du Pakistan, le Trachydora jungeri qui porte son nom. La nomenclature entomologique étant universellement respectée
depuis Linné, il y voit le gage de sa survie, pour la postérité.





Cicindela juengeri


Cette passion pour les insectes suffit à créer une dimension de complicité au-delà des générations un lien privilégié que nombre de ses
lecteurs et exégètes ont du mal à partager. La beauté des Chasses subtiles, les descriptions de captures de cicindèles avec une poignée de sable, la longue méditation sur la mort que lui
inspire la vue de cadavres desséchés de Copris espagnols dans le Contemplateur solitaire (3) ne peuvent émouvoir que ceux qui partagent ou ont partagé cette  redoutable passion et
les admirateurs de J.H Fabre. Je me souviens d’une soirée passée à Paris, avec Jünger, dans les années 70. Nous nous sommes entretenus un peu à l’écart d’un sujet qui,  tout autant que son
rapport à  Heidegger, fut au centre de nos conversations: ces merveilleux scarabées qui nous inspiraient la même admiration.  Le dialogue était technique :  il s’agissait de
savoir ce qui, du vinaigre ou de la bière éventée, était le plus efficace dans la confection de pièges à carabes. Gabriel Marcel suivit quelques instants notre conversation, en hochant la tête,
comme un grand-père contemple deux enfants jouant dans un bac de sable.


Comment est-on gagné par cette passion ? Elle remonte toujours à l’enfance, à la surprise que l’on ressent devant une énorme guêpe
Scolie butinant un chardon, devant les couleurs d’un papillon Machaon, la beauté d’une cétoine, à l’étonnement que l’on ressent en découvrant un lucarne cerf volant ou un Oryctes à la corne aussi
impressionnante qu’inoffensive. Quel enfant n’a pas été enchanté par les marbrures, le frottement stridulent des élytres de ce hanneton des pins (Polyphilla Fullo) qu’admirait déjà Fabre ? 
Plus tard viennent les rencontres difficiles, provoquées : un carabus hispanus, véritable boule de feu, que l’on arrache dans la mousse à sa logette hivernale, un Scarite géant au bord
de la mer, terrifiant éventreur. Comment nier que les insectes soient de véritables oeuvres d’art ? Aucun monstre de science-fiction n’égale l’inquiétante étrangeté qu’inspire la femelle
gigantesque de l’Heteropterix dilatata malais, un phasme déguisé en cactus, celle des dynastes asiatiques ou sud-américains, les Megasoma ou les Chalcosoma aux cornes
multiples. Quel orfèvre pourrait reproduire  les éclats d’or, d’azur et de feu d’un Polybotris sumptuosa, buprestre de Madagascar ou d’un Mégaloxanta, son frère indonésien,
qui l’égale en beauté, et que les filles de Java, après avoir passé autour des pattes un fil de métal, portent comme un diadème d’émeraude, dans leurs cheveux ?


(1) Chasses subtiles.. Christian Bourgois, 1969.
(2) Entretiens avec Ernst Jünger . Arcades Gallimard, 1986.
(3) Le Contemplateur solitaire . Ed. Grasset, 1975.
(4) Chemins qui ne mènent nulle part . Ed. Gallimard, 1962.
(5) Enfance berlinoise in Sens Unique . Ed. Les Lettres Nouvelles, 1978.
(6) Traité du rebelle ou le Recours aux forêts . Ed. Christian Bourgois, 1981.
(7) Sur les falaises de marbre . Ed. Gallimard, 1942.
(8) Enfance berlinoise . op.cit.
(9) Souvenirs entomologiques . Réédition collection « Bouquins « .